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OPERATIONS DE SYMETRIE PONCTUELLES
2. 1 Introduction
La position d'un solide dans l'espace est totalement déterminée par les positions de
trois points non alignés de celui-ci. Par suite, la connaissance des positions initiales
et finales de ces trois points suffit à définir le déplacement de ce solide, à
condition que ce dernier s'effectue sans déformation, c'est à dire que les distances
relatives entre les trois points considérés soient conservées. On démontre en
mécanique que le déplacement le plus général d'un solide peut se décomposer en une
rotation et une translation parallèle à l'axe de rotation, c'est à dire un déplacement
hélicoïdal.
Considérons deux points O et M d'un solide et supposons que O soit maintenu fixe au
cours des déplacements tandis que M est libre. Si les déplacements envisagés ont lieu
sans déformation du solide, la distance OM = ||OM || entre les deux points doit
rester constante. Les seuls déplacements qui satisfont à ces conditions sont, d'une
part, les rotations autour d'un axe passant par O et, d'autre part, les symétries par
rapport à O, à un plan passant par O ou une droite passant par O, ainsi que les
combinaisons de ces opérations.
On appelle opération de symétrie ponctuelle d'un solide, les déplacements
qui laisse ce dernier invariant. Cette définition implique que:
- pour un solide de dimension finies, seules les symétries, les rotations et les
combinaisons de ces deux types de déplacements peuvent être des opérations de symétrie
ponctuelle, aussi appelées transformations ponctuelles; pour un solide infini on
a de plus les translations du réseau;
- l'ensemble des opérations de symétrie attachées à un solide, muni de la loi de
composition consistant à appliquer successivement ces opérations de symétrie, forme un
groupe, au sens mathématique du terme.
2. 2 Définitions
Les opérations de symétrie ponctuelle d'un solide sont:
Les rotations: Elles sont notées Cn en notation de Schoemflies et n
en notation internationale. Le nombre entier n est tel que l'angle de rotation 2p/n est le plus petit angle qui amène le solide à se
superposer à lui même. On dit alors qu'il s'agit d'un axe direct de rotation d'ordre
n. Si p est un nombre entier, appliquer p fois la rotation Cn revient à
effectuer une rotation d'un angle 2pp/n. L'application
n fois de la rotation Cn donne une rotation d'angle 2p, c'est à dire l'identité C1.

Si un cristal possède plusieurs axes de symétrie, l'axe dont l'ordre n est le plus
élevé est appelé axe principal.
Les rotation-inversions: Ce sont les transformations résultant d'une rotation Cn
autour d'un axe lié au solide suivie d'une symétrie centrale par rapport à un point de
cet axe. Elles sont notée iCn en notation de Schoemflies et ¯n en notation internationale. On dit alors qu'il
s'agit d'un axe inverse de rotation d'ordre n. Parmi celles-ci on peut en
remarquer les deux rotations-inversions particulières iC1 et iC2 ( ¯1 et ¯2
en notation internationale):
- iC1 est par définition une rotation de 2p autour d'un axe, c'est à dire l'identité, suivie d'une
symétrie par rapport à un point de cet axe; elle est équivalente à la symétrie
ponctuelle i:
- iC2, quant à elle, est une rotation de p autour d'un axe suivie d'une symétrie par rapport à un
point de cet axe; elle est équivalente à la symétrie par rapport à un plan
perpendiculaire à l'axe de rotation et passant par le centre de la symétrie i. Un tel
plan de symétrie est appelé miroir et noté sh
en notation de Schoemflies. Ce miroir est noté 2/m en notation internationale: la lettre
"m" pour miroir et le signe de fraction "/" pour indiquer qu'il s'agit
d'un miroir perpendiculaire à l'axe 2. Ces deux symétries ponctuelles sont
représentées sur la figure suivante:
Les rotation-reflexions: Ce sont les transformations obtenues par
une rotation Cn suivie d'une symétrie par rapport à un plan perpendiculaire
à l'axe de rotation. Elles sont introduites en notation de Schoemflies et notées Sn.
Elles ne constituent pas de nouvelles symétries ponctuelles dans la mesure où elles il
existe toujours des rotation-inversions qui leurs sont équivalentes. Par exemple, les
rotation-reflexions S1et S2 sont respectivement équivalentes aux
rotation-inversions iC2 et iC1, comme l'illustre la figure
ci-dessous:
 |
 |
S1 º iC2 |
S2 º iC1 |
Les miroirs: Ce sont les symétries par rapport à un plan. Elles
ne représentent pas de nouvelles transformations ponctuelles dans la mesure où, comme
nous l'avons vu, elles sont équivalentes à des rotation-inversions de type iC2.
En notation de Schoemflies, les miroirs sont notés sh
lorsqu'ils sont perpendiculaires à l'axe principal du cristal et sv lorsqu'ils contiennent cet axe. En notation internationale,
si l'axe principal du cristal est d'ordre n, ces miroirs sont notés respectivement
"n/m" (miroir perpendiculaire à l'axe n) et "nm" (miroir contenant
l'axe n).
2. 3 Projection stéréographique
La projection stéréographique est une représentation plane des opérations
de symétrie. Elle permet de visualiser rapidement les symétries ponctuelles et les
équivalences qui existent entre elles.
Considérons une sphère de centre O et (E) l'un de ces plans équatoriaux. Soient N et
S les pôles nord et sud de la sphère, c'est à dire les intersections de la sphère avec
la droite perpendiculaire à (E) passant par O. Un point P de l'hémisphère supérieur
est représenté par le point d'intersection p de la droite SP et du plan équatorial (E)
et noté par une croix (x). Un point M de l'hémisphère inférieur est
représenté par le point d'intersection m de la droite NM et du plan (E) et noté par un
point encerclé (?). Une telle construction
conserve les angles: deux courbes qui se coupent selon un angle a ont des projections stéréographiques qui se coupent selon ce même
angle a.

Par convention, une droite est représentée par les projections stéréographiques de
ses points d'intersection avec la sphère et un plan passant par le centre O de la
sphère, par la projection stéréographique de son intersection avec celle-ci, c'est à
dire par deux arcs de cercle symétriques par rapport à sa trace sur le plan équatorial
(E). Les constructions sur le stéréogramme sont tracées en traits discontinus sauf les
projections qui le sont en traits continus.
Le tableau suivant présente les notations et les symboles graphiques utilisés pour
tracer, sur une projection stéréographique, les opérations de symétrie. On peut
ajouter qu'un miroir est représenté par un trait continu et qu'un miroir de type sh, perpendiculaire à l'axe principal de
rotation (cf. 2.2), se traduit par le tracé du plan équatorial (E) en trait continu.

Suite - Composition des opérations de
symétrie ponctuelle ==>
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