1) GENERALITES
(suite)
1. 4 Plans réticulaires - Indice de Miller
On peut regrouper tous les points du réseau sur une famille de plans parallèles
équidistants appelés plans réticulaires, d'une grande importance en
cristallographie. Un plan peut être parfaitement définis par trois points quelconques
non alignés de ce plan, ces points pouvant être, par exemple, les intersections avec les
axes de coordonnées. Plutôt que de repérer le plan directement par les coordonnées de
ses points d'intersection avec les axes, on préfère utiliser les indices de Miller,
plus utiles en analyse des structures, qui s'obtiennent de la manière suivante:
Un repère (O, a, b, c) tel que le point O soit sur un noeud du
réseau, étant choisi
- on trouve les abcisses des points
intersections du plan avec les trois axes soutenus par les vecteurs a, b et c,
- on prend l'inverse de ces valeurs et on
détermine les plus petits entiers h, k et l qui sont dans le même rapport que ces
inverses.
Les nombres ainsi obtenus sont les indices de Miller du plan, qui est noté (h
k l).
Si le plan est parallèle à un des axes de coordonnées, son intersection est rejetée
à l'infini, l'indice correspondant est nul. Si le plan coupe l'axe dans sa partie
négative, l'indice correspondant est négatif. Dans ce cas le signe moins est souvent
placé au dessus de l'indice:
(h -k l) º (h ¯k l)
Exemple:

Les intersections du plan avec les axes de coordonnées a, b et c, ont respectivement
pour abcisses: 1, 2, 3. Les inverses de ces nombres sont: 1, 1/2, 1/3. Les plus petits
entiers qui sont dans le même rapports que ces inverses sont: 6, 3, 2. Ce sont les
indices de Miller du plan. Ce plan réticulaire sera donc noté (6 3 2).
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1. 5 Equations des plans réticulaires
Soit un réseau à trois dimensions, caractérisé par les vecteurs fondamentaux a,
b, c et le repère (O, a, b, c) tel que l'origine O
coincide avec un noeud de ce réseau, et le plan P dont les intersections avec les axes de
coordonnées sont les points A(p, 0, 0), B(0, q, 0) et C(0, 0, r).
Les vecteurs
AB = -p a + q b
et AC
= -p a + r c
sont des vecteurs de ce plan. Un point quelconque X(x, y, z) appartient à P si et
seulement si on a
AX = a AB + b AC
avec a et b
réels, soit
(x - p) a + y b + z c = a (-p a + q b) + b
(-p a + r c)
c'est à dire
x - p = - (a + b) p y = aq z = br
On en déduit l'équation du plan P dans le repère (O, a, b, c):

soit en multipliant par pqr
qr x + pr y + pq z = pqr
Soit e l'entier tel que
eh = qr ek = rp
el = pq
et que les entiers (h, k, l) ainsi définis, soient les plus petits entiers dans le
même rapport que les nombres (qr, pr, pq). Par définition, h, k et l sont les indices
de Miller de ce plan. En substituant dans l'équation du plan P:
eh x + ek y + el z = pqr = (e3hkl)1/2
soit en simplifiant par e

Le plan P doit contenir un grand nombre de noeuds du réseau. Il existe donc un grand
nombre de triplets (m, n, p) de nombres entiers, qui sont les coordonnées de noeuds du
réseau situés sur P, qui vérifient l'équation de P. Les indices de Miller h, k et l
étant eux mêmes des entiers, les quantités (hm + kn + lp) et (ehkl)1/2 sont
des entiers. Les équations des plans réticulaires (h, k, l) sont donc de la forme
hx + ky + lz = N
où N est un entier relatif. Elles définissent une famille de plans parallèles. Le
plan correspondant à N = 0 est celui qui passe par l'origine O des coordonnées. Les
plans suivants les plus proches de O sont ceux obtenus pour N = ± 1.
Remarque: On passe du cas d'un réseau à trois dimensions à un réseau à deux
dimensions en annulant un des indices. Cela revient à supposer qu'il s'agit d'un réseau
à trois dimensions, que l'un des axes du repère de coordonnées est perpendiculaire au
réseau et que la coordonnée selon cet axe est toujours nulle. On note que dans ce cas le
"plan" réticulaire est en fait une droite située dans le plan du réseau.
Dans un repère normé (O, i, j, k) tel que les vecteurs de base i,
j et k soient respectivement colinéaires aux vecteurs fondamentaux a,
b et c:
a = a i b
= b j c = c k
Les points d'intersection ont pour coordonnées
A(pa, 0, 0) B(0, qb, 0)
C(0, 0, rc).
Un raisonnement similaire à celui présenté ci-dessus conduit à écrire qu'un point
X(x, y, z) appartient au point P si et seulement si
x - pa = - (a + b) pa y = a qb z = b rc
d'où l'équation du plan P dans le repère normé (O, i, j, k)

Les mêmes considérations que ci-dessus concernant les noeuds du réseau appartenant
au plan P, conduisent alors pour les plans réticulaires (h, k, l), à des équations de
la forme

où N est un entier relatif.
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