1) DEFINITIONS
1. 1 Composantes contrevariantes
Comme nous l'avons signalé dans la présentation de cette partie, une grandeur
physique appartient à un espace vectoriel. Cet espace vectoriel, attaché à une grandeur
physique particulière, possède souvent en physique une dimension finie. Si n est cette
dimension, on peut trouver n vecteurs linéairement indépendants E1, E2,...,En
définissant une base de cet espace vectoriel et décomposer tout vecteur X de cet espace
sous la forme:

où les xi qui appartiennent au corps des scalaires sur lequel est construit
l'espace vectoriel considéré, sont les composantes contrevariantes du vecteur X.
1. 2 Convention d'Einstein
De façon plus concise, la relation précédente peut encore s'écrire
X = xi Ei
en utilisant la convention d'Einstein de sommation sur un indice muet qui suit
les règles suivantes:
- Lorsqu'un même indice figure deux fois dans un monôme, une
fois en haut et une fois en bas, on sous-entend la sommation sur toutes les valeurs que
peut prendre cet indice. Cet indice est dit muet et peut être changé.
- Un indice non muet est dit indice réel et ne peut
apparaître qu'une fois dans un monôme.
1. 3 Mesure d'une grandeur Physique
La mesure d'une grandeur physique appartenant à un espace vectoriel E
est liée à la notion de norme définie dans ce dernier. Un espace vectoriel est
dit normé si à tout vecteur X de cet espace on peut associé un nombre
réel positif ||X||, appelé norme du vecteur X, qui vérifie les
propriétés suivantes:
Quelques soient les vecteurs X et Y de l'espace vectoriel E
et l un scalaire du corps des scalaires associé à E
||X|| = 0 <=> X = 0
(0 étant le vecteur nul de E)
||l X|| = |l
| ||X||
||X + Y|| £ ||X|| + ||Y||
Le module d'une grandeur physique X est une caractéristique physique qui
vérifie les propriétés ci-dessus, aussi peut-on utiliser ce module comme norme de
l'espace vectoriel E attaché à X. Quel que soit la dimension de E,
on peut définir l'unité de mesure de la grandeur physique X comme étant le
module ||U|| d'un vecteur U de E, unique, choisi comme
étalon. La mesure de X revient alors à la détermination de son vecteur de mesure
x défini par
X = ||U|| x
La nature de la grandeur physique X est contenue dans le terme ||U||. Le
vecteur x est simplement une grandeur mathématique de l'espace vectoriel dans
lequel on représente X. Il est indépendant de la nature de X. On peut
choisir comme base normée de l'espace vectoriel E, associée à X,
n vecteurs Ei de norme ||U||. Les n vecteurs mesure ei
de ces vecteurs sont de modules égaux à 1 puisque
Ei = ||U|| ei
et ||Ei|| = ||U|| ||ei||
= ||U||
=> ||ei|| = 1
Ces vecteurs mesure sont donc invariants par changement d'unité de mesure. Ce sont des
vecteurs unitaires qui forment une base normée de l'espace vectoriel dans lequel on
représente la grandeur physique X, espace sans lien avec la nature de X,
alors que les vecteurs Ei formaient une base de l'espace vectoriel
attaché à la grandeur X. On a
X = xi Ei = xi ||U||
ei et donc x
= xi ei
Le vecteur mesure x de la grandeur physique X est donc un vecteur de
l'espace dans lequel on représente X et dont les composantes contrevariantes xi
dans la base des vecteurs ei sont égales aux composantes de la grandeur
physique X dans la base des vecteurs Ei de l'espace vectoriel
attaché à cette grandeur.
Si X et Y sont de deux grandeurs physiques de natures différentes,
appartenant respectivement aux espaces vectoriels E et F,
le produit scalaire de leurs vecteurs mesure x et y dans l'espace choisi
pour les repésenter permet de les associer. En posant:
x = xi ei
et y = xj ej
x.y = xi ei. yj ej
= xi yj ei. ej= gij xi
yj
avec gij = ei. ej
L'espace vectoriel choisi, muni du produit scalaire, est alors dit Euclidien.
Si les ei forment une base orthonormée, gij s'identifie
au symbole de kronecker
0 si i ¹ j
gij = dij = {
1 si i = j
et le produit scalaire se réduit à

Dans la suite de l'exposé il est sous-entendu, sans que cela ne soit explicitement
spécifié, que les grandeurs physiques sont représentées par leurs vecteurs mesure.
1. 4 Base duale et composantes covariantes
Soit E un espace vectoriel euclidien de dimension n et n vecteurs ei
constituant une base de E. Un vecteur quelconque x de E
se décompose sur cette base en
x = xi ei
où les scalaires xi sont les composantes contrevariantes de x (cf.
§ 1.1).
Définissons une nouvelle base formée par les n vecteurs ej de E
par les n2 relations

0 si i ¹ j
dij = {
1 si i = j
et convenons de noter xj les composantes du vecteur x sur cette
nouvelle base, appelée base duale des ei. En utilisant le
convention d'Einstein on a donc
x = xj ej = xi ei
Les scalaires xj sont appelés composantes covariantes du vecteur x.
Il faut noter que dans le cas général les xj et les xi sont des
nombres différents puisqu'ils sont les composantes d'un même vecteur sur deux bases
différentes.
Les relations
x. ek = xi ei. ek
= xi dik = xk
x. ek = xj ej. ek = xj
dkj = xk
Il apparaît que les composantes covariantes du vecteur x sont les produits
scalaires de x et des vecteurs ei de la base ordinaire. De même
ses composantes contrevariantes de x sont les produits scalaires de x et des
vecteurs ej de la base duale.
En d'autres termes:
- La composante contrevariante xi
du vecteur x s'obtient en projetant le vecteur x sur l'axe défini par le
vecteur de la base ordinaire ei, parallèlement à l'hyperplan défini
par les vecteurs ej (i ¹ j) de la
base ordinaire;
- La composante covariante xi du
vecteur x s'obtient par projection orthogonale du vecteur x sur l'axe
défini par le vecteur ei de la base ordinaire.
Exemple:

Remarque: La relation définissant la base duale montre que si les vecteurs ei
de la base ordinaire constituent une base orthonormée, ils sont confondus avec les
vecteurs ej de la base duale. Les composantes contrevariantes xi
et covariantes xj du vecteur x sont alors égales.
1. 5 Produit scalaire
Considérons les vecteurs ei formant une base de l'espace vectoriel
euclidien E et les vecteurs ej, la base duale des
vecteurs ei. Le produit scalaire de deux vecteurs x et y
quelconques de E, de coordonnées contrevariantes respectives xi
et yi
x = xi ei = xj ej
y = yi ei = yj ej
peut s'écrire
x.y = xi ei. yj ej
= xi yj ei. ej = xi yj
dij
= xi yi
1. 6 Dérivées partielles
En utilisant la convention d'Eintein, les dérivées partielles d'une fonction f par
rapport aux coordonnées contrevariantes et covariantes s'écrivent respectivement

et la différentielle totale de f

Suite - Changement de base ==>
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