2) CONDENSATEURS
(suite)
2. 4 Capacité d'un condensateur plan
Considérons deux plans conducteurs infinis parallèles C1 et C2,
séparés par une distance d, dont les potentiels respectifs sont V1 et V2.
Pour étudier ce système, définissons un repère orthonormé (O, i, j, k)
tel que O soit un point sur C1 et que le vecteur k, normal au deux
plans, soit orienté de C1 vers C2.
Soit un point M(x, y, z) situé dans la partie de l'espace comprise entre les
conducteurs C1 et C2. En M, le potentiel électrique V(M) doit
vérifier l'équation de Laplace:
DV(M) = 0
C1 et C2 étant infinis selon Ox et Oy, le potentiel est
invariant par translation selon ces directions et ne peut dépendre que de la coordonnée
z. On a donc la relation:

par intégration on en déduit
V(M) = Az + B
où A et B sont des constantes.
De plus, sur les conducteurs C1 et C2, le potentiel V(M) prend
respectivement les valeurs V1 et V2, c'est à dire que, si d est :
- pour M sur C1
z
= 0 V(M) = V1 = B
- pour M sur C2
z = d V(M) = V2 = Ad + B
A = ( V2 - V1 ) /d
d'où

On en déduit le champ électrique E(M) entre C1 et C2

Entre les armatures du condensateur plan E(M) est uniforme et orienté de
l'armature de potentiel le plus élevé vers celle de potentiel le plus bas.
Soit s la densité surfacique de charges sur
l'armature de potentiel le plus élevé. Le système étant invariant par translation
selon Ox et Oy, la densité s est nécessairement
uniforme. Le champ électrique au voisinage de
ce conducteur est
E(M) = (s/e0 ) n
où n est le vecteur unitaire normal au conducteur orienté vers l'extérieur de
celui-ci
Compte tenu de la remarque précédente concernant l'orientation du champ E(M)
entre les armatures C1 et C2, il apparaît que la densité de
charges s est positive. Même si on ne peut définir
pour le système une armature intérieure et une armature extérieure,
les plans conducteurs étant infinis, ils sont en influence
totale et par conséquent la densité de charges sur l'armature de potentiel le plus
bas est s' = - s.
Supposons que C1 soit l'armature de potentiel le plus élevé ( V1
> V2 ). La charge portée par une surface S de C1 est Q = s S. En remarquant que dans ce cas n = k, on a
E(M) = (Q/ Se0 ) k
La comparaison avec l'expression de E(M) calculée précédemment donne

On en déduit la capacité C d'une surface S de ce condensateur plan
Q = C ( V1 - V2 ) avec
C = e0S/d
Remarque: Un condensateur plan infini n'est bien sûr pas réalisable.
Néanmoins lorsque les plans conducteurs sont de dimensions grandes devant la distance d
qui les sépare, on peut négliger la non uniformité du champ électrique au voisinage
des extrémités des plans et appliquer la relation précédente pour déterminer la
capacité de ce condensateur.
2. 5 Capacité d'un condensateur cylindrique
Soient deux conducteurs cylindriques coaxiaux C1 et C2, de
longueurs infinies et de bases circulaires, tels que C2 enveloppe completement
C1. C1 est alors l'armature interne du condensateur ainsi constitué
et C2 son armature externe. Appelons R1 le rayon du conducteur C1
et R2 le rayon interne du conducteur C2.

Pour étudier ce système, définissons le repère cylindrique (O, ur,
uq, k) tel que le point O
soit sur l'axe commun des deux conducteurs et le vecteur unitaire k parallèle à
cet axe.
En un point M(r, q, z), compris dans l'espace
interconducteur délimité par C1 et C2, le potentiel scalaire V(M)
doit vérifier l'équation de Laplace:
DV(M) = 0
Le système étant invariant par rotation autour de l'axe défini par k et par
translation le long de ce dernier, le potentiel ne peut dépendre que de la composante
radiale r. La relation précédente s'écrit donc

(cf. Analyse vectorielle > Coordonnées
cylindriques)
Par intégration on en déduit
V(M) = A ln r + B
Si V1 et V2 désignent respectivement les potentiels des
conducteurs C1 et C2, on a
V1 = A ln R1 + B et
V2 = A ln R2 + B
d'où
A = (V1 - V2 )/ ln (R1/ R2 )
et B = V2 - A ln R2
et

Le champ électrique dans l'espace interconducteur est donc

Parallèlement, le théorème de Gauss
permet aussi de déterminer l'expression de E(M). Pour l'appliquer, choisissons une
surface fermée cylindrique S, de base circulaire, de
même axe que C1 et C2, de longueur h et telle que le rayon r de sa
base soit compris entre R1 et R2. Si Q est la charge électrique
portée par le tronçon du conducteur C1 contenu dans S et E(M) le module de E(M), on a

{E(M) = E(M) ur}
dS est l'élément de surface entourant le point M de S
et n(M) est le vecteur unitaire normal à S au
point M, orienté vers l'extérieur.
On en déduit une nouvelle expression du champ électrique dans l'espace
interconducteur:

En comparant les deux expressions de E(M), on obtient

ainsi que la capacité C d'un tronçon de longueur h de ce condensateur:
Q = C ( V1 - V2 ) avec

Remarque: En pratique les conducteurs C1 et C2 ne sont
bien sûr jamais infiniment longs. Mais lorsque leurs longueurs sont grandes devant les
rayons R1 et R2, les perturbations de champ aux extrémités sont
négligeables et l'expression est applicable.
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en parallèle ==>
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