1) Présentation
Pour l'étude des lignes de transmission, on utilise généralement la théorie des
lignes, que nous développerons dans une prochaine rubrique. Pour ce faire on
introduit les notions de courant, de potentiel ou encore d'impédance d'une ligne
coaxiale.
Les conducteurs sont supposés parfaits, et l'espace entre ceux-ci est rempli d'un
matériau linéaire, homogène et isotrope, de permittivité diélectrique e et perméabilité magnétique µ, réelles (ligne sans
pertes). Les champs sont de la forme
E = E (x, y) ei(wt-kz)
H = H (x, y) ei(wt-kz)
2) Potentiel et courant électriques
Potentiels
Puisqu'en l'absence de charges et de courants dans le matériau entre les conducteurs,
on a dans ce dernier (cf. Mode TEM )
rot E (x, y) = 0
et div E (x, y) = 0
Le champ dérive donc d'un potentiel V(x, y) qui vérifie l'équation de Laplace dans
ce matériau, soit
E (x, y) = - grad V(x, y)
DtV(x,
y) = 0
Le problème est similaire à celui rencontré en électrostatique.
Courants
Pour ce qui est des courants, on associe à chaque point de la surface des conducteurs
un courant superficiel de densité
Js = n x H (x, y)
n étant le vecteur unitaire, orienté vers l'extérieur, selon la normale au
conducteur.
Comme on a vu que
k ez x E (x, y) = wµ
H (x, y) et E (x, y) = - grad
V(x, y)
cette densité de courant s'exprime par
Js = (k/wµ) n
x [ez x E ] = (k/wµ) [n
. E ] ez
= - (k/wµ) [n . grad V]ez =
- (k/wµ) [dV/dn] ez
{La dépendance en (x, y) n'apparait pas explicitement pour alléger les notations}
I1, et I2 étant respectivement les intensités des courants sur
les conducteurs intérieur (C1) et extérieur (C2) de la ligne
coaxiale,

il apparait que

où G est le volume délimité par C1 et
C2. (Le signe positif est dû à l'orientation choisie pour la normale n).
On a donc
I1 = - I2
3) Impédance caractéristique.
Si on appelle V1 et V2 respectivement les potentiels des
conducteurs C1 et C2, on peut définir Zc, l'impédance
caractéristique de la ligne comme étant:
Zc = (V1 - V2 ) / I1 = (V2
- V1 ) / I2
Relation
avec la capacité linéique
En poursuivant l'analogie avec l'électrostatique, on a les relations,


Dans lesquelles s et Q désignent
respectivement la densité superficielle de charge et la charge par unité de
longueur sur le conducteur C1 et C la capacité par unité de longueur
(ou capacité linéique) de la ligne coaxiale. Z est l'impédance du milieu
inter-conducteur (cf. Espace libre ).
Relation
avec l'inductance linéique
Si on considère la surface rectangulaire délimitée par les conducteurs C1
et C2 sur une longueur unité, et deux segments de droite reliant C1
à C2, caractérisée par son vecteur surface S = Se2
(e2 vecteur unitaire colinéaire à H (x, y) ).
L'inductance linéique L est liée au flux f de
l'induction magnétique B (x, y) à travers cette surface par la relation
f = LI1
I1 étant l'intensité du courant dans l'âme C1 de la ligne
coaxiale.
Le flux de B (x, y) à travers une surface élémentaire ds = 1.dn e2
(longueur unité) de S s'exprime par
df = B (x, y). ds = µ
H (x, y). ds
En se rappelant que
k ez x E (x, y) = wµ
H (x, y) et E (x, y) = - grad V(x, y)
df = (k/w)
ez x E (x, y). ds = (k/w)
ds x ez. E (x, y)
= - (k/w) dn . grad V(x, y)
et en intégrant entre C1 et C2 on obtient
f = k (V1 - V2)/w
d'où

On retiendra à ce sujet le résultat suivant,
LC = µe et donc
Zc = (L/C)1/2
Les résultats précédents concernent des lignes sans pertes. Dans les lignes
réelles, le matériau entre les conducteurs et le métal constituant l'âme et la gaine
de la ligne ne sont pas parfaits et sont à l'origine de pertes. Cet aspect est abordé
dans la Théorie des lignes.
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