On considère une
ligne coaxiale infinie, de section droite circulaire, d'axe Oz. Le rayon de l'âme
(conducteur central C1 ) est r1 et celui de la gaine (conducteur
extérieur C2 ) r2. Elles sont constituées d'un conducteur parfait
et séparée par un diélectrique de permittivité absolue e,
réelle (ligne sans pertes), et de perméabilité µ0. Le mode propagé est
TEM.
Etant donnée la géométrie du système on se place en coordonnées cylindriques (r, Q, z). De plus par raison de symétrie les champs sont
indépendants de Q. On cherche des solutions sous la
forme d'ondes TEM, qui ont localement une structure d'onde plane (cf. Mode TEM ), soit:
E = E(r) ei(wt-kz)
H = H(r) ei(wt-kz)
1) Champs électrique et magnétique
Champ
électrique
Le champ électrique dans le matériau entre les conducteurs dérive d'un potentiel
scalaire qui satisfait à l'équation de Laplace (cf. Impédance
caractéristique).
E(r) = - grad V(r) = - dV(r)/dr e1
et DtV(r)
= 0
(e1: vecteur unitaire radial )
soit, en coordonnées cylindriques

En remarquant que l'équation est de la forme
U'(r) + U(r)/r = 0 avec U(r) = dV(r)/dr
les solutions sont:
V(r) = A ln(r) + B
Si on appelle V1 et V2 les potentiels respectifs des conducteurs
C1 et C2, on a
V1 = A ln(r1 ) + B
V2 = A ln(r2 ) + B
d'où
A = (V1-V2 ) / ln(r1/r2 )
B = V1 - A
ln(r1 )
d'où l'expression du champ électrique

Champ
magnétique
On peut retrouver le champ magnétique à partir de l'expression du champ électrique
précédemment établie
H(r) = (k /wµ0 ) ez
x E(r)
avec k2 = w2eµ0
(cf. Mode TEM )
2) Impédance caractéristique
La densité de courant sur les conducteurs étant
Js = n x H = - (k /wµ0
) [dV/dn]ez
(cf. Impédance caractéristique)
le courant sur le conducteur C1 est

L'impédance caractéristique de la ligne est donc
Zc = (V1 - V2 ) / I1 = (wµ0/ 2pk) ln
(r2/r1 )
3) Capacité et inductance linéiques
Capacité
linéique (1ère méthode)
La capacité linéique est la capacité du condensateur délimité par les conducteurs
C1 et C2. Elle est donnée par
C = Q / (V1 - V2 )
où Q représente la charge par unité de longueur sur le conducteur central C1.
L'application du théorème de Gauss à un tronçon de ligne de longueur unité permet de
déterminer l'intensité du champ électrique dans le matériau inter-conducteur:
E(r) = (Q/2per) e1
On sait que
E(r) = - grad V(r)
d'où, en intégrant entre C1 et C2
V1 - V2 = (Q/ 2pe)
ln(r2/r1)
et C = 2pe / ln(r2/r1)
Capacité
linéique (2ème méthode)
Pour une longueur unité de ligne, l'énergie libre de l'espace entre C1et C2
est

La capacité linéique est liée à cette énergie par la relation
F = C (V1 - V2 )2/ 2 = Q2/
2C
d'où
C = 2pe / ln(r2/r1)
Inductance
linéique (1ère méthode)
On considère la surface délimitée par les conducteurs C1 et C2,
sur une longueur unité, et deux rayons de la ligne coaxiale, caractérisée par son
vecteur surface S. L'inductance linéique est liée au flux f de B(r) à travers cette surface par la relation
f = LI1
I1 étant l'intensité du courant dans l'âme C1 de la ligne
coaxiale, le théorème d'Ampère permet de déterminer champ et l'induction magnétiques.
On choisit un parcours circulaire dans le plan transverse, centré sur l'axe de la ligne.

C est un parcours fermé, B(r) et dl respectivement les vecteurs
induction magnétique et déplacement élémentaire, et I la somme algébrique des
courants qui coupent C. Dans le matériau entre les conducteurs C1 et C2,
on a donc
pour r1 <
r < r2
B(r)
= µ0I1/ 2pr
H(r)
= B(r)/µ0 = I1/ 2pr
avec
B(r) = B(r) e2
H(r) = H(r) e2
(e2 vecteur unitaire colinéaire à H(r) )
Le flux à travers la surface élémentaire ds = dr e2
(longueur unité) s'exprime par
df = B(r). ds = µ0I1dr
/ 2pr
Soit en intégrant entre C1 et C2
f = (µ0I1/ 2p ) ln(r2/r1)
et L = (µ0/2p ) ln(r2/r1)
Inductance
linéique (2ème méthode)
Pour une longueur de ligne unité, l'énergie libre du volume entre les conducteurs C1
et C2 est

L'inductance linéique étant liée à cette énergie par la relation:
F = (1/2)LI12
on en déduit
L = (µ0/2p ) ln(r2/r1)
Remarque: On retrouve ici la relation
LC = µ0e
et donc Zc = (L/C)1/2
L'étude est faite dans le cas d'une perméabilité µ0, qui est le plus
fréquent. Les résultats pour un matériau sans pertes de perméabilité magnétique
réelle µ sont obtenus par substitution (µ au lieu de µ0) dans les
équations précédentes.
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