1) RELATIONS
FONDAMENTALES (suite)
1. 8 Propriétés du champ et de l'induction électriques à la limite entre deux
milieux
Soient M, un point de la surface S séparant l'espace en deux parties E1
et E2, le vecteur n unitaire normal à S, orienté de E1
vers E2, deux points M1 et M2, respectivement de
E1 et E2, voisins de M et situés sur la droite de
vecteur directeur n passant par M. Supposons qu'il existe respectivement dans E1
et E2 les densités volumiques de charges r(M1,
t) et r(M2, t), et sur la surface S une
densité surfacique de charges s(M, t). Enfin, E(Mi,
t) étant le champ électrique en Mi à l'instant t.
Désignons par E1(M, t) et E2(M, t), les valeurs
limites respectives de E(M1, t ) lorsque M1 tend vers M, et
de E(M2, t) lorsque M2 tend vers M.
a) Composante
normale de l'induction électrique

Le théorème de Gauss, appliqué au cylindre
délimité par les disques de centres M1 et M2, de surface dS
(caractérisée par son vecteur surface dS = dSn), de hauteur 2h et dont les
génératrices sont parallèles à n (figure ci-dessus), nous enseigne que le flux
sortant de la surface fermée ainsi définie est égal à la somme algébrique des charges
qu'elle contient, soit
E(M2, t) . dS - E(M1, t) .
dS + dft = [ r(M1, t)hdS + r(M2,
t)hdS + s(M, t)dS ] /e0
où dft est le flux du champ électrique
à travers la paroi latérale du cylindre. Si on fait tendre M1 et M2
vers M, h et dft tendent vers zéro. Après
simplification par dS il reste
[E2(M, t) - E1(M, t)] . n = s(M, t) /e0
ou, en introduisant l'induction électrique, Di(M, t) = e0Ei(M, t)
[D2(M, t) - D1(M, t)] . n = s(M, t)
Dni(M, t) = Di(M, t). n étant la composante
de l'induction normale à S, la relation peut aussi s'écrire
Dn2(M, t) - Dn1(M, t) = s(M, t)
A la limite entre deux domaines, la composante normale de l'induction électrique
présente une discontinuité égale à la densité surfacique de charges existant sur
cette limite.
b) Composante
tangentielle du champ électrique

Considérons maintenant un parcours rectangulaire orienté L (ABCD), passant par les
points M1 et M2, tel que les segments AB et CD soient parallèles à
la surface de séparation S entre les domaines E1 et E2
de l'espace, et les segments BC et DA perpendiculaires à S (figure ci-dessus). La
circulation du champ électrique E (M, t) le long de ce parcours s'écrit:
C = E(M2, t) . AB + E(M1, t)
. CD + dCt
= [E(M2, t) - E(M1, t)] . AB + dCt
où dCt la circulation sur les segments BC et DA. D'après le théorème de Stokes, et la deuxième équation de Maxwell, cette circulation s'écrit aussi

où dl est le déplacement élémentaire du point P sur L, S est une surface s'appuyant L, dS la
surface élémentaire entourant le point M et t(M) le vecteur unitaire normal à S en M.
Lorsqu'on fait tendre M1 et M2 vers M, dCt tend vers
zéro, ainsi que la surface S. B(M, t) étant
une fonction bornée, la limite de l'intégrale au second membre de l'équation ci-dessus,
et donc aussi de la circulation C, est nulle.
Sur la surface de séparation S entre les domaines E1 et E2
on a
[E2(M, t) - E1(M, t)] . AB =
0
En se rappelant que AB est parallèle à S et en introduisant le vecteur
unitaire n, normal à S au point M, la relation peut s'écrire
[E2(M, t) - E1(M, t)] x n = 0
Eti(M, t) = Ei(M, t) x n étant la
composante du champ électrique tangente à S, la relation peut aussi s'énoncer par
Et1(M, t) = Et2(M, t)
A la limite entre deux domaines, la composante tangentielle du champ électrique est
continue.
1. 9 Propriétés du champ et de l'induction magnétiques à la limite entre deux
milieux
Comme au paragraphe précédent, considérons un point M de la surface S séparant
l'espace en deux parties E1 et E2, le vecteur n
unitaire normal à S, orienté de E1 vers E2, deux
points M1 et M2, respectivement de E1 et E2,
voisins de M et situés sur la droite de vecteur directeur n passant par M.
Supposons qu'il existe respectivement dans E1 et E2
les densités volumiques de courants j(M1, t) et j(M2,
t), et sur la surface S une densité surfacique de courant k(M, t). Enfin, B(Mi,
t) étant le champ électrique en Mi à l'instant t.
Désignons par B1(M, t) et B2(M, t), les valeurs
limites respectives de B(M1, t ) lorsque M1 tend vers M, et
de B(M2, t) lorsque M2 tend vers M.
a) Composante
normale de l'induction magnétique

La première équation de Maxwell nous apprend
que l'induction magnétique B(M,t) dérive d'un potentiel vecteur et que donc
div B(M, t) = 0
Considérons le cylindre délimité par les disques de centres M1 et M2,
de surface dS (caractérisée par son vecteur surface dS = dSn), de hauteur
2h et dont les génératrices sont parallèles à n (figure ci-dessus). En
intégrant la relation précédente sur le volume V délimité par ce cyclindre et en
appliquant le théorème d'Ostrogradski on obtient

S est la surface du cylindre et n(M) le vecteur unitaire normal à S. On peut
expliciter la relation intégrale précédente de la manière suivante:
B(M2, t). dS - B(M1, t) .
dS + dft = 0
où dft est la flux du champ magnétique
à travers la paroi latérale du cylindre. Si on fait tendre M1 et M2
vers M, h et dft tendent vers zéro. Après
simplification par dS il reste
[B2(M, t) - B1(M, t)] . n = 0
La composante normale de l'induction magnétique est continue à la traversée de la
surface séparant les deux domaines.
b) Composante
tangentielle du champ magnétique

Considérons maintenant un parcours rectangulaire orienté L (ABCD), passant par les
points M1 et M2, tel que les segments AB et CD soient parallèles à
la surface de séparation S entre les domaines E1 et E2
de l'espace, et les segments BC et DA perpendiculaires à S (figure ci-dessus). La
circulation du champ électrique B(M, t) le long de ce parcours s'écrit:
C = B(M2, t). AB + B(M1, t)
. CD + dCt
= [B(M2, t) - B(M1, t)] . AB + dCt
où dCt la circulation sur les segments BC et DA. D'après le théorème de Stokes, et la quatrième équation de Maxwell, cette circulation s'écrit aussi

où dl est le déplacement du point P sur L, S
est une surface s'appuyant L, dS la surface
élémentaire entourant le point M et t(M) le vecteur unitaire normal à S en M.
Lorsqu'on fait tendre M1 et M2 vers M, dCt tend vers
zéro, ainsi que la surface S. Au second membre de
l'équation, la première intégrale qui représente le flux du courant de densité j(M,
t) à travers S, tend alors vers k(M, t). n
x AB, où n est le vecteur unitaire normal à S au point M. La fonction E(M,
t) étant une fonction bornée, la limite de la deuxième intégrale de l'équation
ci-dessus est nulle.
Sur la surface de séparation S entre les domaines E1 et E2
on a
[B2(M, t) - B1(M, t)] . AB = m0k(M, t) . n x AB
= m0AB . k(M, t) x n
AB est parallèle à S, d'où en simplifiant par ||AB||, la relation
[Bt2(M, t) - Bt1(M, t)] = m0k(M, t) x n
où Bti(M, t) est la composante de l'induction magnétique tangente
à S. Cette relation peut encore s'écrire:
n x [B2(M, t) - B1(M, t)] = m0k(M, t)
ou, en introduisant le champ magnétique Hi(M, t) tel que, Bi(M,
t) = m0Hi(M, t)
[Ht2(M, t) - Ht1(M, t)] = k(M,
t) x n
n x [H2(M, t) - H1(M, t)] = k(M, t)
Hti(M, t) étant la composante du champ magnétique tangente à S
A la limite entre deux domaines, la composante tangentielle du champ magnétique est
discontinue.
Suite - Champ électromagnétique
indépendant du temps ==>
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