| 3) MECANISMES DE
POLARISATION (suite)
3. 2 Polarisabilité électronique statique
Soumis à un champ électrique local El, l'électron subit un
déplacement r sous l'action de la force coulombienne
fc = -eEl
Supposons que cet électron soit assimilable à un oscillateur harmonique de pulsation
propre w0. A l'équilibre, la force
coulombienne fc est alors exactement compensée par la force de rappel
fr = mw02r
et on a
fc + fr = mw02r - eEl = 0
Le moment dipolaire induit est tel que
p = -er = (e2/ mw02
) El
Dans le cas de l'atome d'hydrogène ne possèdant qu'un seul électron, cette théorie
prévoit par conséquent une polarisabilité statique ae(w = 0)
ae(w = 0) = e2/mw 02
( p = aeEl :
cf. Notion de polarisabilité )
Pour un atome ou une molécule possèdant plusieurs électrons caractérisés par des
pulsations propres woi, en sommant les
contributions de chaque électrons, on obtient le moment dipolaire induit total et la
polarisabilité

3. 3 Polarisabilité électronique en fonction de la fréquence
Si le champ électrique dans lequel est plongé l'électron est sinusoïdal, de
pulsation w (Elejwt), l'équation de mouvement de l'électron doit
s'écrire:

(m/t) désigne le coefficient de frottement, et t est la constante de temps. On cherche une solution
sinusoïdale de la forme
r = Rejwt
en remplaçant r par son expression dans
l'équation précédente, on obtient

ainsi que le moment dipolaire induit

La polarisabilité électronique étant définie par
p = aeEl
on a

Pour w = 0 on retrouve la polarisabilité
statique définie précédemment. On peut écrire ae
sous la forme:
ae = a e' - jae''
avec

Il apparaît que pour w << w0
ae' » e2/mw 02
= ae(w
= 0)
ae''»
0
et pour w >> w0
ae'» 0
ae'' » 0
ce qui est conforme au graphe de la polarisabilité en fonction de la fréquence. Au
voisinage de la fréquence propre w0, ae' décroit rapidement alors que ae'' passe par un maximum, c'est le phénomène
de relaxation électronique. En l'absence de champ électrique extérieur, si on
adopte le modèle de Bohr pour l'atome d'hydrogène, la force centrifuge mwo2r0 est équilibrée par
la force d'attraction coulombienne e2/4pe0r02
du noyau sur l'électron. En prenant pour r0 le rayon de Bohr (r0 =
0,54 10-10m) on obtient une pulsation w0
= 4 1016rd/s, qui caractérise l'ultra-violet lointain.
Jusqu'à des fréquences supérieures à celles du domaine visible cette
polarisabilité électronique est constante, il en est donc de même pour sa contribution
à la permittivité diélectrique. Nous verrons par la suite qu'à de telles fréquences
les autres phénomènes de polarisation n'ont pas d'influence sur la permittivité. La
théorie électromagnétique montre que l'indice de réfraction est lié à la
permittivité due au mécanisme de polarisation électronique par:
n2 = e /e0
Remarque: Il est bien évident que cette théorie est certainement trop
simpliste, la résolution rigoureuse devant faire appel à la mécanique quantique. Elle
présente néanmoins l'avantage de mettre en évidence les phénomènes et de donner des
résultats numériques du bon ordre de grandeur.
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