1) Introduction
Comme précisé en introduction du chapitre sur le couplage des alternateurs, pour
produire de l'énergie électrique alternative il est préferable d'utiliser plusieurs
unités en parallèle sur le réseau, plutot qu'une machine unique. Cette méthode permet
de faire fonctionner les alternateurs en charge maximum avec de meilleurs rendements, en
connectant et déconnectant ces derniers en fonction de la demande de puissance sur le
réseau. Les alternateurs sont alors amenés à fonctionner non pas de façon autonome
mais en parallèle. Ce qui demande de déterminer les conditions de stabilité et de
fonctionnement optimum en charge de des alternateurs dans cette configuration.
Nous allons donc étudier le fonctionnement en charge de deux alternateurs en
parallèle. Pour l'étude, nous admettrons les hypothèses simplificatrices suivantes:
- Les deux alternateurs sont identiques
et on se place dans les conditions d'applications du diagramme de Behn-Eschenburg
simplifié (Résistance d'induit négligeable et réactance Lw
constante);
- Les fréquences et les tensions sont
constantes;
- Le réseau absorbe des puissances
actives et réactives constantes.
2) Représentation graphique de la marche en parallèle
Considérons deux alternateurs monophasés identiques A1 et A2,
de réactance d'induit Lw, connectés en parallèle sur le
même réseau, avec les caractéristiques suivantes:
A1: fem E1, débitant un courant I1
déphasé de f1 par rapport à la tension V
du réseau.
A2: fem E2, débitant un courant I2
déphasé de f2 par rapport à la tension V
du réseau.
Les résistances d'induit des deux alternateurs étant négligées, les relations entre
ces différentes grandeurs complexes s'écrivent:
E1 = V + jLwI1
E2 = V + jLwI2
Le diagramme de Behn-Eschenburg représentant ces relations étant alors

Ei, V et LwIi (i = 1, 2) sont
les valeurs efficaces des tensions complexes Ei, V et jLwIi.
Les projections des segments LwIi (i =
1,2) sur l'axe vertical Oy et l'axe horizontal Ox, s'écrivent
( LwIi )y = LwIi cos fi
( LwIi
)x = LwIi sin fi (i = 1, 2)
A tension V constante sur le réseau, ces projections représentent donc respectivement
les puissances actives Pi et réactives Qi, de l'alternateur Ai.
Pi = VIi cos fi
= k ( LwIi )y
Qi =
VIi sin fi = k ( LwIi
)x (i = 1, 2)
avec k = V/ Lw
Les puissances active P et réactive Q, totales fournies au réseau par les
alternateurs A1 et A2 connectés en parallèle sur le réseau sont
donc les projections sur les axes Ox et Oy du segment Lw ( I1
+ I2 )

{(Lw (I1 + I2 ) désigne la
valeur efficace de la tension complexe jLw (I1
+ I2 )}
P = k Lw ( I1 + I2 )y
= VI1 cos f1 + VI2 cos f2
Q = k Lw ( I1+I2 )x = VI1
sin f1 + VI2 sin f2
2) Fonctionnement optimal
R étant la résistance interne d'un alternateur, les pertes Joule dans les deux
alternateurs sont
Pj = RI12 + RI22
= R ( I12 + I22 )
où I1 et I2 sont les valeurs efficaces des courants complexes I1
et I2. La tension et la fréquence étant fixées sur le réseau, si les
puissances active et réactive sur le réseau sont constantes, il en est de même pour le
courant complexe total I1 + I2 (cf. §.1)
En posant
I1 = I1m ejf1 I2 = I2m
ejf2 (
I1m = 21/2 I1; I2m = 21/2 I2
)
Le module de ce courant est
| I1 + I2 |2 = ( I1m
ejf1+ I2m ejf2 )( I1m e-jf1+ I2m e-jf2
)
= ( I1m )2 + ( I2m )2 + 2I1mI2mcos(f1 - f2
)
= 2 [ I12 + I22 + 2I1I2cos(f1 - f2
) ]
Ce module étant constant, il apparait que le terme ( I12 + I22
), et donc les pertes Joule dans les alternateurs, seront minimales pour
cos(f1 - f2 ) = 1
soit, f1 = f2
Le fonctionnement optimal de deux alternateurs en parallèle, est obtenu lorsque les
courants qu'ils débitent sur le réseau sont en phases. En d'autres termes, lorsque les
alternateurs sont identiques, le fonctionnement en parallèle est optimal lorsque les
puissances actives et réactives des deux alternateurs sont égales.
Pour arriver à ces conditions on règle progressivement la puissance active
de chacun des alternateurs en agissant sur les moteurs d'entrainement, puis leurs
puissances réactives en agissant sur les excitations.
3) Stabilité de la marche en parallèle
Nous avons remarqué dans le paragraphe précédent que, les hypothèses admises pour
cette étude se traduisaient par un courant complexe total constant sur le réseau.
I = I1 + I2 = Cst
On a donc les identités
I1 = ( I1 + I2 ) /
2 + ( I1 - I2 ) / 2 = I / 2 + ( I1
- I2 ) / 2
I2 = ( I1 + I2 ) / 2 - ( I1
- I2 ) / 2 = I / 2 - ( I1 - I2
) / 2
en posant J = ( I1 - I2 ) / 2
I1 = I / 2 + J
I2 = I
/ 2 - J
Tout ce passe comme si les alternateurs débitaient le même courant I / 2 sur
le réseau, et que par ailleurs il existait un courant supplémentaire J entre les
alternateurs. Ce courant est le courant d'échange ou courant synchronisant.
En terme de puissance active, on a donc
P = P1 + P2 = Cst
P1 = P/ 2 + PJ
P2
= P/ 2 - PJ
P1 et P2 étant respectivement les puissances actives fournies
par les alternateurs A1, A2 et P la puissance active totale fournie
au réseau par ces mêmes alternateurs. PJ est la puissance active due au
courant d'échange, appelée puissance synchronisante.
Si sous l'effet d'une perturbation l'alternateur A1, par exemple, subit une
modification de sa vitesse, sa puissance active P1 varie. La puissance active
totale P restant constante, la puissance active P2 de A2, varient en
sens inverse. La puissance de synchronisme PJ transportée par le courant
d'échange est alors modifiée dans un sens tel qu'elle tend à charger, et donc freiner,
l'alternateur qui prend de l'avance et à décharger, et donc accélérer, l'alternateur
qui prend du retard, c'est à dire à ramener les deux machine au synchronisme.
Le couple correspondant s'exprime par:
CJ = PJ /W
avec W = w /p1 = w /p2
W est la vitesse angulaire de synchronisme et p1
et p2 les nombres de paires de pôles des alternateurs A1 et A2.
CJ est appelé couple synchronisant.
Remarque: La démarche précédente s'applique au cas d'un alternateur
triphasé, en se ramenant à une phase.
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