1) Introduction
Lorsqu'on veut produire de l'énergie électrique alternative, on a le choix entre
l'emploi d'un seul alternateur puissant ou la répartition de la puissance électrique
entre plusieurs unités. C'est le plus souvent la deuxième solution qui est préférable,
pour plus de souplesse. En effet, la demande en puissance d'un réseau étant variable, un
seul générateur prévu pour fonctionner à charge maximum, travaillerait souvent loin de
ces conditions et présenterait donc un rendement médiocre. De plus le dysfonctionnement
éventuel d'un alternateur peut être compensé par ceux restant connectés sur le
réseau.
On doit donc préserver la possibilité de charger ou de décharger chaque unité à
volonté, selon la demande en puissance du réseau. Pour ce faire, on couple ces
alternateurs en parallèle sur le réseau, de façon à ce que leurs courants
s'ajoutent. Le couplage en série, qui permettrait théoriquement d'avoir des tensions
élevées, n'est pas utilisé pour des raisons de stabilité (les alternateurs tendent
dans ce cas à se mettre en opposition), et aussi parce que cette augmentation de la
tension peut être obtenue simplement, et avec de très bons rendements, à partir de
transformateurs statiques.
En monophasé, lors du couplage, la courbe de la tension sur le réseau doit se
superposer à celle de la FEM de l'alternateur à coupler. En conséquence, on doit
réaliser entre ces grandeurs, les conditions suivantes:
- L'égalité des fréquences,
- L'égalité des tensions,
- L'identité des phases
En triphasé, on devra de plus s'assurer que l'ordre de succession des phases est le
même pour le réseau et pour l'alternateur à coupler.
2) Procédure de couplage
a)
Alternateur monophasé
Considérons le dispositif suivant: un réseau monophasé sur lequel on vient coupler
l'alternateur A2, K un interrupteur permettant ce couplage, deux lampes L
connectées comme indiquées, et deux voltmètres pour la mesure de la tension U1
sur le réseau (U1: valeur efficace de la tension complexe U1)
et de la tension à l'induit U2 de l'alternateur (U2: valeur
efficace de la tension complexe U2).

Le couplage de l'alternateur sur le réseau se fait à vide pour éviter un échange
brutal de courant qui pourrait endommager le rotor. On réalise successivement les
conditions pré-citées, suivant la procédure suivante:
L'interrupteur K étant ouvert, on amène le rotor de à une vitesse proche de la
vitesse de synchronisme:
N = f/p en tr/s
(f: fréquence en Hz, p: nombre de paires de pôles).
On règle l'excitation de l'alternateur A2 (non représentée sur le
schéma) de façon à obtenir une tension de sortie U2 égale à la tension du
réseau U1. La tension complexe aux bornes des deux lampes est alors
DU = U1 - U2
Les tensions U1 et U2 ayant des fréquences
différentes f et f', elles sont représentées dans le plan complexe par deux vecteurs
tournant à des vitesses angulaires w = 2pf
et w' = 2pf' différentes. La valeur
efficace DU de la tension aux bornes des lampes, varie
dans ce cas entre les valeurs limites 0 et U1 + U2, à la fréquence
de battement fb, telle que
fb = f - f'
A ce moment, les lampes clignotent à cette fréquence. On agit alors sur l'admission
du moteur d'entrainement de A2 de façon à réduire progressivement la cadence
du clignotement. Puis on couple l'alternateur au réseau en fermant K durant l'instant où
les lampes sont éteintes, qui correspond à une tension DU
nulle, c'est à dire à U1 et U2 en phases.
Remarque: Le mode de couplage précédemment décrit est un couplage à l'extinction.
Pour plus de facilité on lui préfère parfois un couplage à l'allumage qui est
obtenu en croisant les connections des deux lampes.
b) Alternateur
triphasé
Dans le cas d'un alternateur triphasé, la procédure précédente s'applique de
manière identique, mais il faut de plus vérifier que la succession des phases de
l'alternateur A2 se fait dans le même ordre que sur le réseau. On effectue le
montage suivant:

Soient (V1, V2, V3) les tensions
simples complexes sur le réseau, et (V'1, V'2, V'3)
celles sur l'induit de l'alternateur dont les phases sont supposées couplées en étoile.
Si f et f' sont respectivement les fréquences des tensions réseau et des tensions à
l'induit de l'alternateur A2, de façon analogue au cas monophasé, les
vecteurs représentant ces tensions dans le plan complexe, tournent avec des vitesses
angulaires w = 2pf, pour (V1,
V2, V3), et w' = 2pf', pour (V'1, V'2, V'3),
différentes. Si les tensions précédentes se succèdent dans le même sens pour les deux
systèmes, les tensions DU aux bornes des lampes
présentent des maxima et des minima simultanés, et les lampes s'allument et s'éteignent
donc en même temps. Dans le cas contraire, on a une permutation circulaire de ces
extrema, et donc aussi du clignotement des lampes.
Pour des installations de fortes puissances, on remplace généralement les lampes de
couplage par un synchronoscope. Il s'agit d'un petit moteur asynchrone dont le
stator et le rotor triphasés sont respectivement reliés au réseau et à l'alternateur.
Une aiguille solidaire du rotor tourne à la vitesse angulaire de glissement ws = w - w', selon un sens qui dépend du signe de cette expression.
Dans ce cas, après avoir réduit la vitesse de rotation de l'aiguille en agissant sur le
moteur d'entrainement de l'alternateur, puis on effectue le couplage en fermant
l'interrupteur K lors du passage de l'aiguille par zéro.
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