1) CHAMPS ET
POTENTIELS ELECTRIQUES (suite)
1. 6 Distribution surfacique uniforme sur un disque
Considérons une distribution de charges électriques de densité surfacique uniforme s, répartie sur un disque D de centre O et de rayon R. Pour
étudier ce système, choisissons un repère cylindrique normé (O, ur, uq, k) tel que le vecteur k soit
parallèle à l'axe principal du disque.
La charge électrique portée par la couronne élémentaire, comprise entre les cercles
centrés en O de rayons r et r + dr, est dq = 2psrdr.
Si P est le point d'abcisse x sur l'axe du disque, d'après le paragraphe précédent (Distribution linéique uniforme sur une spire circulaire),
le potentiel électrique créé par cette couronne élémentaire en P est donné par la
relation
dV(P) = dq / 4pe0(x2
+ R2 )1/2 = srdr / 2e0(x2 + r2 )1/2
En P, le potentiel dû au disque est donc

soit en supposant que le potentiel s'annule à l'infini

Le champ électrique créé en un point de l'axe par chacune couronne étant, par
raison de symétrie, parallèle à son axe (cf. Distribution
linéique uniforme sur une spire circulaire), il en est de même pour le champ E(P)
dû au disque. La seule variable dans l'expression du potentiel sur l'axe étant x, il est
lié au champ E(P) par la relation


La figure ci-dessus montre la variation du champ (__)
et du potentiel (__) électriques sur l'axe
de la spire en fonction de x. Au point O (x = 0), centre du disque, on a:
V(O) = sR / 2e0 et E(O)
= ± s / 2e0
k
A la traversée du disque, le potentiel est continu mais le champ électrique présente
une discontinuité égale à s /e0 conformément à ce que prévoit le cas général.
1. 7 Distribution surfacique uniforme sur un plan infini
On se propose d'étudier le cas d'une distribution surfacique uniforme de densité s. En remarquant qu'un plan infini n'est rien d'autre qu'un
disque de rayon infini, le paragraphe précédent permet d'écrire, en faisant tendre R
vers l'infini, qu'en tout point P de l'espace, le champ est constant, égal à
E(P) = ± s / 2e0 k
k étant le vecteur unitaire normal au plan. Le signe de E(P) dépend
uniquement du coté du plan où se trouve le point P. A la traversée du plan le champ
subit à nouveau une discontinuité égale à s /e 0 conformément à ce que prévoit le cas général.
Comme il existe des charges à l'infini, le potentiel ne peut être calculé par la
relation établie pour un disque de dimension finie. Il n'est défini en tout point de
l'espace qu'à une constante additive près, cette constante pouvant être infinie. On
peut toutefois calculer la différence de potentiel entre deux points P1
et P2 d'abcisses respectives x1 et x2. Comme on a

on peut écrire
V(P2 ) - V(P1 ) = (s
/ 2e0 ) (x1 - x2
)
1. 8 Distribution volumique à symétrie sphérique
Considérons une distribution volumique de charges à symétrie sphérique, c'est à
dire telle que sa densité volumique en un point M de l'espace ne dépend que de la
distance r = ||OM||, entre M et le centre O de la distribution.
Pour étudier ce système, on choisit un repère sphérique centré en O, (O, ur,
uq, uj ). Par raison de symétrie le champ électrique en tout point
ne peut être que radial et ne dépend que de r. Au point P, de coordonnées (r, q, j), le champ est donc
de la forme
E(r) = E(r) ur
Si on considère une surface sphérique S, centrée sur O, le théorème de Gauss implique

n étant le vecteur unitaire normal à S, orienté vers l'extérieur et Q la
somme algébrique des charges contenues dans le volume limité par S. On a

Le champ électrique est donc
E(r) = (Q / 4pe0r2
) ur
Le champ E(r) dérive d'un potentiel scalaire qui ne dépend que de la
composante radiale r, soit

Le calcul complet du potentiel dans le cas général ne peut être mené plus loin car
la charge Q à prendre en compte peut dépendre de r.
1. 9 Distribution volumique uniforme dans une sphère
Un cas particulier du paragraphe ci-dessus, est celui d'une densité volumique r, uniforme, localisée dans une sphère S, de centre O et de rayon R. Dans un repère sphérique centré en O, (O,
ur, uq, uj ), compte tenu des résultats établis au
paragraphe précédent, en tout point de l'espace, le champ électrique a pour expression
E(r) = (Q / 4pe0r2
) ur
où Q est la somme algébrique des charges incluses dans la surface de Gauss S ( S:
sphère de centre O et de rayon r ). Le potentiel électrique est obtenu en intégrant
l'expression de E(r).
Deux cas sont à étudier:
a)
r > R
La totalité de la charge électrique répartie dans la sphère S est alors contenue dans la surface de Gauss,
Q = (4/3)rpR3
En fonction de la densité volumique de charges, les expressions du champ et du
potentiel sont
Ee(r) = (rR3/
3e0r2 ) ur
et Ve(r) = rR3/
3e0r
( Le potentiel Ve(r) est supposé nul à l'infini )
b)
r £ R
La charge électrique contenue dans le volume délimité par la surface de Gauss est

On a donc, à l'intérieur de la sphère, le champ et le potentiel électriques
Ei(r) = (rr / 3e0 ) ur
et Vi(r) = -rr2/
6e0 + C
C est une constante.
Le potentiel doit être continu en tout point, en particulier en r = R, ce qui entraine
Ve(R) = rR2/ 3e0 = Vi(R) = -rR2/ 6e0 + C
C = rR2/ 2e0
et finalement
Vi(r) = -rr2/
6e0 + C = (r
/ 6e0 )[R2 - r2 ]
1. 10 Distribution surfacique uniforme sur une sphère
Considérons une distribution surfacique uniforme s
répartie uniformément sur la surface d'une sphère S
de rayon R et de centre O et un repère sphérique (O, ur, uq, uj
).
Comme dans le cas précédent, par raison de symétrie le champ en tout point ne peut
être que radial et ne dépend que de r. Au point P, de coordonnées (r, q, j), le champ est donc
de la forme
E(r) = E(r) ur
On peut ici aussi appliquer le théorème de Gauss
à une surface sphérique S centrée en O et de rayon r. On a alors, comme dans le cas
précédent

où Q est la somme algébrique des charges contenues dans le volume délimité par S et
n le vecteur unitaire normal à S orienté vers l'extérieur.
Considérons deux cas:
a)
r < R
Dans ce cas, la charge étant répartie sur la surface de la sphère, la charge totale
Q incluse dans le volume délimité par S est nulle. On a donc
E(r) = 0
Sachant qu'en tout point le champ électrique dérive du potentiel scalaire V(r)

on en déduit le potentiel Vi(r) à l'intérieur de la sphère
Vi(r) = C1 = Cst
b)
r > R
La totalité de la charge Q portée par la sphère est contenue dans le volume
délimité par S
Q = 4psR2
Le champ électrique à l'extérieur de la sphère est donc
E(r) = (Q / 4pe0r2
) ur = (sR2/e0r2 ) ur
et le potentiel scalaireVe(r) à l'extérieur de la sphère
Ve(r) = (sR2/e0r ) + C2
C2 étant une constante. Si on suppose que le potentiel Ve(r) est
nul à l'infini, C2 = 0, et il vient finalement
Ve(r) = sR2/e0r
Enfin, le potentiel devant être continu en tout point on a
Vi(R) = C1 = Ve(R) = sR /e0
Remarque: Au passage de la surface chargée de la sphère (r = R), la composante
normale du champ électrique subit une discontinuité égale à (s /e0 ), conformément à
ce qui a été établit dans le cas général.
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